Les infirmières, patientes difficiles ?

Les infirmières, patientes difficiles ?

Les infirmières sont bien sûr en contact avec de nombreuses maladies. Heureusement, elles les développent rarement. Cependant, et c’est regrettable, il peut arriver qu’elle soit dans le rôle inverse, à savoir celui de la patiente. Alors, les infirmières sont-elles des patientes faciles à soigner ?

Arguments contre arguments

Une hospitalisation n’est jamais simple à gérer. Pour les infirmières, ça l’est d’autant plus, et ce, pour plusieurs raisons. 

D’abord, cela les oblige à venir sur leur lieu de travail, même si c’est un jour non travaillé. Et pas question de se réfugier derrière l’argument j’peux pas, j’suis de repos. Quant faut y aller, faut y aller.

Ensuite, l’infirmière a l’habitude de bouger. En exercice, elle parcourt des kilomètres et des kilomètres en arpentant les couloirs et en passant de chambres en chambres. Alors pour la cantonner dans sa chambre, voire sur son lit, immobilisée, c’est une grande aventure. 

Enfin, parce que l’infirmière a très peu recours au congé maladie. Car elle sait qu’une absence imprévue, cela déstabilise le gang des infirmières, avec un planning à nouveau bousculé et une charge de travail encore plus conséquente. Un comble pour elle qui incite leur proche à consulter dès l’apparition des premiers symptômes. Dans le genre faites ce que je dis, mais pas ce que je fais.

Tote bag gang des infirmières

Déformation professionnelle

Vous avez l’impression que votre patiente scrute chacun de vos gestes, avec une intensité anormale ? Vous lisez dans ses yeux quelque chose se rapprochant de “Moi, je ne fais pas comme ça”. Peut-être est-elle IDE de profession. En tant que patiente, difficile de ne pas observer les gestes effectués, voire de comparer, et de tenir sa langue pour ne pas conseiller. 

Dans une chambre partagée avec un autre patient, vous la verrez essayer de zyeuter les constantes, de surveiller la perfusion ou de checker que son colocataire du moment prenne bien son traitement. 

Elle est infirmière, elle a donc un rythme parfois décalé par rapport aux autres patients. Il n’est pas impossible qu’elle s’étonne de recevoir une tartine au lieu d’un plat de résistance à 8h du matin. Et son corps est habitué à de fortes doses de caféine. Dans la mesure du possible, installer là donc à proximité du distributeur.

Gilet à capuche infirmière

L’envers du décor

N’oublions pas que l’infirmière connait l’envers du décor.

Inutile donc d’utiliser les subterfuges habituels pour détourner son attention. Elle sait à quoi s’attendre. 

Et dites-vous bien que si vous accrochez ses constantes au bout du lit sur le fameux panneau prévu à cet effet, elle le consultera, dut-elle ramper pour y accéder. Alors pour son bien comme pour le vôtre, épargnez-lui cette peine, et communiquer les lui directement. 

On ne peut pas dire qu’il y ait des patients difficiles. Il y a simplement l’expression de personnalités différentes. Et les infirmières, quand elles se retrouvent de l’autre côté de la barrière, n’ont pas forcément plus de facilité à aborder leur hospitalisation que les patients lambdas. Peut-être même moins. Etre infirmière n’est décidément pas une sinécure, à tous les niveaux.

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